Journées du réseau Médici - 7 au 9 avril 2014 - Fabre

De Medici.

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''Note'' : Renaud Fabre, directeur de l'information scientifique et technique du CNRS, a été sollicité pour ouvrir les 5<sup>e</sp> Journées du réseau Médici, à Strasbourg, le 7 avril 2014. Il n'a pu être présent, mais a envoyé un texte, qui a été lu par Clotilde Roussel. Le texte de son intervention est reproduit ci-dessous, avec son accord.
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''Note'' : Renaud Fabre, [[[[Direction de l'information scientifique et technique (CNRS)|direction de l'information scientifique et technique]] du CNRS, a été sollicité pour ouvrir les 5<sup>e</sp> Journées du réseau Médici, à Strasbourg, le 7 avril 2014. Il n'a pu être présent, mais a envoyé un texte, qui a été lu par Clotilde Roussel. Le texte de son intervention est reproduit ci-dessous, avec son accord.
==L'édition scientifique publique en Europe: des pratiques convergentes, un modèle en gestation==
==L'édition scientifique publique en Europe: des pratiques convergentes, un modèle en gestation==

Version du 9 mai 2014 à 09:49

Note : Renaud Fabre, [[direction de l'information scientifique et technique du CNRS, a été sollicité pour ouvrir les 5e</sp> Journées du réseau Médici, à Strasbourg, le 7 avril 2014. Il n'a pu être présent, mais a envoyé un texte, qui a été lu par Clotilde Roussel. Le texte de son intervention est reproduit ci-dessous, avec son accord.

L'édition scientifique publique en Europe: des pratiques convergentes, un modèle en gestation

Chers Collègues, chers Amis du Réseau Médici,

La maladie me tient éloigné de Strasbourg en ce jour d'ouverture de notre ANF sur le sujet stratégique de "l'Édition scientifique publique en Europe", et bien entendu, je le regrette. Je tiens néanmoins, par ce message, à vous assurer du soutien de tout le CNRS à l'action entreprise par le Réseau Médici, pour le plus grand bénéfice de toute notre Communauté, et dans l'intérêt de tout l'ESR. Dans l'organisation de cette importante manifestation, dont la dimension européenne est aussi évidente qu'essentielle, je remercie vivement les Institutions européennes de leur soutien. Je remercie également le COEPIA, dont l'implication dans les champs de l'Édition scientifique s'est nettement renforcée, d'avoir accepté mon invitation à s'impliquer clairement dans le soutien de cette rencontre européenne.

Je remercie en particulier Madame Catherine Trauttmann, Députée européenne, d'avoir accepté très spontanément et avec enthousiasme, d'apporter son parrainage à notre rencontre, en saisissant d'emblée les nombreuses et profondes retombées institutionnelles qu'elle comporte pour le développement de la science dans l'espace européen.

La Stratégie du CNRS, que je devais vous présenter cet après midi, fait l'objet d'un Power Point qui sera joint aux Actes de cette rencontre et vous permettra de connaitre le détail de la présentation préparée pour vous sur les étapes, les visions, les actions de la stratégie IST adoptée par le CNRS en 2013. Cette stratégie est accessible sur le site du CNRS, sous la rubrique DIST, en français et en anglais.

Permettez-moi de vous en indiquer les dimensions essentielles par la voix de Anne-Solweig Gremillet, organisatrice talentueuse et inlassable de vos travaux, que je remercie de son invitation et de bien vouloir exprimer mon message. Je remercie également les membres du Réseau Médici pour avoir généreusement donné de leur temps pour l'organisation de cette manifestation de grande ampleur.

Pourquoi avoir donné comme intitulé à la stratégie du CNRS "Mieux partager les connaissances" ? Cette première précision est essentielle : aujourd'hui, où l'économie du partage a valu récemment le Prix Nobel de sciences économiques aux travaux d'Elinor Ostrom, le domaine le plus fondamental de ce partage n'est-il pas celui des connaissances ? L'architecture du CNRS est particulièrement favorable à ce partage puisque notre organisation, riche de ses 35 000 chercheurs et personnels de recherche et de documentation, comporte à la fois toutes les disciplines et tous les niveaux de la collaboration scientifique : les effets de réseaux sont donc très riches et sont partagés, à travers 12000 unités de recherche, qui sont mixtes à 80%, avec toutes les universités et tous les organismes de recherche.

Mieux partager les connaissances, c'est aussi tirer parti des nouvelles dynamiques de la publication scientifique, et, là aussi, le CNRS a souhaité innover. Naguère encore, l'impératif de la Science publique ouverte était encore limité aux seules approches éditoriales classiques, opposant alors les formules de l'Open Access aux projets portés par les "Industries académiques" comme on appelle encore les grandes firmes éditoriales de l'information scientifique. Le temps a passé très vite et les grandes échéances proches comme le Global Research Council montrent bien que les progrès vers la science ouverte sont partout jugés irréversibles, tout comme le front de discussion global s'est déplacé depuis le seul terrain de la publication stricto sensu, vers celui de l'environnement éditorial, vers celui des services associés à l'édition scientifique, vers l'ensemble des moyens d'investigation et de recueil de l'information scientifique qu'un chercheur est aujourd'hui en droit d'exiger dans son travail quotidien.

Cette évolution récente offre un nouveau contexte, dans laquelle s'insère la question de l'édition scientifique publique proprement dite. Cette problématique, que le CNRS vient d'approfondir lors d'une passionnante mission aux États Unis, est celle des Plateformes digitales multi usages, désormais présentes dans tous les domaines de la science, et qui combinent les publications, bien entendu, mais également les données, les métadonnées, les outils d'analyse et de classement de résultats, les outils d'exploration des influences et collaborations entourant tel ou tel sujet, y compris les zones d'influences stratégiques cachées (trading zones). Ces objets nouveaux d'expression des savoirs éditoriaux doivent mériter toute notre attention en ce qu'ils véhiculent les contenus dynamiques de la science en train de se faire, qu'ils comportent des "contenus générés par les utilisateurs" riches et décisifs pour les dynamiques des réseaux sociaux scientifiques.

Notre approche de l'Édition doit donc pouvoir se nourrir de nouvelles délimitations, auxquelles l'Europe réfléchit actuellement, pour trouver un statut et une portée à ces créations collectives d'un type et d'une portée nouvelles, dont l'importance ne fait que commencer à se révéler, et qui pose avant tout les questions du droit numérique des auteurs et des éditeurs sur des bases radicalement innovantes. Il va sans dire qu'un effort de formation et d'information sans précédent doit accompagner ce mouvement : c'est dire toute l'importance stratégique de l'initiative prise ainsi par le Réseau Médici.

Nos travaux sur ces thèmes de l'éco-système et des modèles d'affaires de l'édition scientifique, ne l'oublions, pas, bénéficient d'un environnement global particulièrement favorable à l'innovation. S'il est vrai que le numérique abolit la distance et les coûts de diffusion vers et depuis toutes les tailles de communautés d'usagers et de bénéficiaires de la science, les plateformes multi-usages de science qu'offrent aujourd'hui tous les grands éditeurs, toutes les sociétés savantes internationales, tous les organismes, forment une communauté globale de relativement petite taille, avec ses deux millions de publiants annuels, ses informations très structurées dans leur discours et dans leur présentation.

Ces éléments de contexte ont justifié que la stratégie du CNRS soit largement partagée avec tous les partenaires nationaux et européens de chaque communauté de recherche, dont les dynamiques et les spécificités doivent être prises en compte. C'est en misant sur le respect de ces spécificités que pourront mieux progresser les grands impératifs communs que sont la traçabilité des publications pour lesquelles un effort décisif de clarté des affiliation est en gestation, l'interopérabilité, qui est indispensable à la gestion des plateformes multi usages, la lisibilité, qui est le signe le plus sur d'une analyse profonde et claire des résultats de la science.

Pour faire progresser ces objectifs éditoriaux à partir des communautés de chercheurs et de personnels de documentation, la stratégie du CNRS est ouverte à toutes les communautés de sciences qui souhaitent s'en informer et/ou participer aux 32 Actions qui la composent : rendez vous sur le site de la DIST, par lequel vous pourrez accéder à la plateforme CORIST vers toutes les actions et aux documents de travail qui les accompagnent.

À toutes et à tous, je renouvelle tous mes vœux de succès dans un Colloque, dont les résultats prendront rang dans les documents utiles à la stratégie H2020, comme à celle de toutes les communautés de chercheurs et de personnels de recherche et de documentation.

Bon colloque, bon travail, le CNRS attend avec intérêt les Actes du Colloque.

Bien cordialement

Renaud FABRE, DIST du CNRS

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